ORY Raphaël

ORY Raphaël
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Tournage bois

Du bois tourné au bois brûlé une technique unique en Belgique pour des créations d’exception

Ma démarche : entre précision et matière vivante

En tant que tourneur sur bois, je pars toujours d’un bloc de matière brute. Je façonne la forme à la main, au tour, dans une recherche d’équilibre, de simplicité, de tension. Chaque essence de bois, chaque veinure, chaque nœud raconte déjà une histoire. Ensuite, j’introduis le feu — pas pour protéger, mais pour révéler.

Le yakisugi, dans mon approche, n’est ni décoratif ni fonctionnel : il est artistique. Le feu me permet de souligner certaines courbes, de renforcer les contrastes, de créer des textures qui vibrent à la lumière. Parfois, je laisse le bois se fissurer, se tordre, résister. D’autres fois, je le brosse longuement, je le polis, je le traite avec une finition naturelle pour qu’il devienne presque minéral. Et dans certains cas, j’y ajoute de la dorure à la feuille, comme un dialogue silencieux entre ombre et lumière, entre matière brûlée et éclat précieux.

Certaines œuvres sont laissées volontairement à l’extérieur, exposées aux éléments, pour que la nature continue ce dialogue commencé par le feu. L’eau, le soleil, le vent deviennent alors co-auteurs.

Chaque pièce que je crée est unique. Il n’y a pas de série, pas de reproduction. Juste une rencontre entre un morceau de bois, mes mains, le feu, et l’instant. Je ne cherche pas la perfection. Je cherche la justesse.

Je suis aujourd’hui le seul artiste en Belgique à explorer cette voie de manière aussi engagée, à la croisée du tournage, du yakisugi, de l’art contemporain et d’un artisanat réinventé.

Un art ancien réinventé

Le yakisugi, parfois appelé à tort « shou sugi ban » en Occident, est une technique japonaise ancestrale qui consiste à brûler la surface du bois pour en améliorer la durabilité. Cette méthode est apparue au Japon à l’époque Edo (1603–1868), dans les régions côtières où le bois, exposé à l’humidité et aux attaques d’insectes, devait être protégé naturellement. Le bois le plus utilisé à l’origine était le sugi (杉), le cèdre japonais, réputé pour sa légèreté, sa disponibilité locale et ses propriétés structurelles.

Les menuisiers japonais ont découvert qu’en brûlant la surface des planches, puis en les brossant et en les huilant, ils créaient une couche de carbone qui rendait le bois naturellement résistant à l’eauaux champignonsaux insectes xylophages, et même au feu lui-même. Une forme d’ironie presque poétique : c’est le feu qui protège de l’incendie.